img
img

Intime - septembre 2017

img
01 Quand parle la nuit

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
02 L'amble du chevalet

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
03 Mon traitre

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
04 Vals'Amélie

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
05 Tango Lento

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
06 Chant de l'aube

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
07 Sur une leçon de couperin

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
08 Duel

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
09 Le rêve de Rossinante

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
10 Phare au large

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
11 Arequipa

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
12 Clavier marin

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
13 Alex Odyssey

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img
14 Sentier des songes

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


img

Piano : Vincent Rouard
Dessins : Laurence Burvenich

 

img
ALBUM « INTIME »

Sabots, semelles de vent, ailes et voiles

Voilà le nouveau lieu, le bel endroit sonore et multiple inventé par Vincent. Il est de nuit bleu roi, de cette nuit telle qu’elle inspire, telle qu’elle chante et souffle, telle qu’elle s’ourle d’écume et de gradins de vagues. Au fil de ses 14 nouvelles compositions qu’il interprète seul au piano, voilà le nouveau voyage de Vincent.  En Mancha, parmi les moulins qui brassent et boulangent le vent et les poèmes, et au ciel sous des suspensions d’ouate, devant la mer qui déballe ses rumeurs bleues, le voilà ce voyage qui, comme un pinceau musical, se fraie un trait sur la toile.

Le voilà, lent et sensible, porté au trot des incursions précieuses et infusant dans son âme romantique. Le voilà un instant d’une humeur fâchée et belle, ample et catégorique, toujours pourtant hanté, tenté par le tendre. Le voilà clair et pastel, un peu ivre dans ses auréoles, ses anneaux aériens. Le voilà qui danse dans sa valse délicieuse dont l’orbe de la robe ouvre des coquelicots ballerins et des ailes d’alouettes, des drapeaux d’enfance, des glissées de cerfs-volants. Le voilà doucement insinué vers la fièvre lancinante et retenue d’un tango qui effleure à peine le parquet et accroche, comme un léger linge féminin au soleil, l’haleine chaude et furtive d’un halètement. Voilà, dans les accotements, des fleurs délicates et sensuelles. Voilà ce voyage qui ne se départ jamais tout à fait des claviers déroulés de la marée, des caresses odorantes descendues du large, des chorégraphies de l’écume et qu’un doigté svelte fait bourdonner, bruire et frémir. Le voilà ce voyage glissé dans le temps pour héler François le Grand tout au fond de son dix-huitième siècle. Le voilà, ce pèlerinage au fond de soi, cette spéléologie intime à la source de ses propres eaux musicales, cette expédition au cœur des prés qu’elles arrosent et fendent, sous les nuages qu’elles redessinent, dilatent et dissolvent, dans leurs replongées cachées, leurs enfouissements secrets. La voilà, cette navigation musicale dans le cycle de l’eau. Voilà, pour la sapidité des choses, pour l’agrément de la route, un peu du sel léger du sourire, l’élégance du pas, l’once de danse, le zeste d’allégresse, l’or gratuit de la lumière. Voilà, pesant son poids d’amour en plumes et en volutes, en fruits rouges, en pincements au cœur, en suées d’angoisse, le signe affectueux adressé au fils voyageur, voyage pris dans le voyage, voyage mis en abyme, odyssées croisées, entrelacées, craintes écloses dans l’absence, grand cordage secret et vibrant conçu pour unir.

Sur un pas décidé, ample et enthousiasmant, avec des bouffées attendries, un clin d’œil révérencieux, Vincent fait signe à l’absurde, à l’inclassable, à l’infortuné, à l’irrésistible Satie, vitrail sonore ouvert comme un astre sur la nuit du vingtième siècle naissant. Et puis, très inspiré, le pianiste, en hâlant son piano à queue, regagne ses pénates itinérantes, au fond de cette tête curieusement semblable à une mappemonde acoustique.

(Denys-Louis Colaux)